Raymond Radiguet - Il diavolo in corpo - Mondadori, Milano, 1994
(Sinossi)
  Insolente e provocatore per l'epoca, questo romanzo di Radiguet publicato l'anno stesso della sua morte (1923) conobbe un enorme successo di scandalo, non ultimo perché raffigurava la guerra come la condizione ideale per la felicità degli amanti e sfotteva dunque l'onore del soldato. La trama è semplice: una storia d'amore e d'adulterio tra una giovane sposa col marito soldato al fronte e un giovane adolescente che fugge dalle proprie responsabilità. 
Aprile 1917. François, 15 anni, simpatizza per Marthe, 18 anni, fidanzata di Jacques, partito in guerra. Sposatasi sei mesi dopo continua a frequentare il giovane uomo e gli si dona la sera  dei suoi sedici anni. La tresca fra i due ben presto diventa di dominio pubblico nel  villaggio di J..., ed anche  le famiglie dei due eroi ne sono a conoscenza... Incinta di François, Marthe, fa credere al marito che il figlio sia frutto dei loro amori, anche perché il giovane amante fugge da ogni responsabilità o si sente troppo giovane per assumerle. Dopo la nascita del bimbo Marthe agonizzante reclama la presenza di François che vigliacco fino all'ultimo resta sordo ad ogni appello. 
Scritto in un tono cinico e disilluso il libro lascia supporre che sia autobiografico, ma Radiguet stesso sottolinea che Il Diavolo in corpo è frutto di pura invenzione. Malizioso, irresponsabile, crudele, traditore, egoista, il personaggio di François è ricco di dettagli e analizzato con grande lucidità. Mostra qualche rassomiglianza con l'Immoralista di Gide. Il diavolo in corpo, romanzo dall'ironia acerba, non risparmia nessuno: le madri, soprattutto, vengono raffigurate tiranniche, gelose e ipocrite.
Il grande sforzo di immaginazione di questo romanzo si concentra tutto non sugli avvenimenti esteriori ma sulla psicologia dei personaggi, sull'analisi dei sentimenti, e su questa scia si colloca nella grande tradizione del romanzo psicologico "alla francese".
A.S.

Il libro (con lo stesso titolo) è stato adattato  per il cinema da Claude Autant-Lara (1946), con Gérard Philipe et Micheline Presle (nella foto in basso) e da Marco Bellocchio (1986), con Federico Pitzalis et Maruschka Detmers. 





Cerca in questo Sito o nel web Servizio fornito da FreeFind

La Frusta! Cerca nel Web
dal 7 sett. 2001
    Je vais encourir bien des reproches.  Mais qui puis-je? Est-ce ma faute si j'eus douze ans quelques mois avant la déclaration de la guerre? Sans doute, les troubles qui me vinrent de cette période extraordinaire furent d'une sorte qu'on n'éprouve jamais à cet âge; mais comme il n'existe rien d'assez fort pour nous vieillir malgré les apparences, c'est en enfant que je devais me conduire dans une aventure où déjà un homme eût éprouvé de l'embarras.  Je ne suis pas le seul.  Et mes camarades garderont de cette époque un souvenir qui n'est pas celui de leurs aînés.  Que ceux déjà qui m'en veulent se représentent ce que fut la guerre pour tant de très jeunes garçons: quatre ans de grandes vacances.
Nous habitions à R.., au bord de la Marne.
     Mes parents condamnaient plutôt la camaraderie mixte.   La sensualité, qui naît avec nous et se manifeste encore aveugle, y gagna au lieu d'y perdre.
     Je n'ai jamais été un rêveur.  Ce qui semble rêve aux autres, plus crédules, me paraissait à moi aussi réel que le fromage au chat, malgré la cloche de verre.  Pourtant la cloche existe.
     La cloche se cassant, le chat en profite, même si ce sont
ses maîtres qui la cassent et s'y coupent les mains.
     Jusqu'à douze ans, je ne me vois aucune amourette, sauf pour une petite file, nommée Carmen, à qui je fis tenir, par un gamin plus jeune que moi, une lettre dans laquelle je lui exprimais mon amour.  Je m'autorisais de cet amour pour solliciter un rendezvous.  Ma lettre lui avait été remise le matin avant qu'elle se rendît en classe.  J'avais distingué la seule fillette qui me ressemblât, parce qu'elle était propre, et allait à l'école accompagnée d'une petite soeur comme moi de mon petit frère.  Afin que ces deux témoins se tussent, j'imaginais de les marier, en quelque sorte. A ma lettre, j'en joignis donc une de la part de mon frère, qui ne savait pas écrire, pour Mlle Fauvette.  J'expliquai à mon frère mon entremise, et notre chance de tomber juste sur deux soeurs de nos âges et douées de noms de baptême aussi exceptionnels.  J'eus la tristesse de voir que je ne m'étais pas mépris sur le bon genre de Carmen, lorsque après avoir déjeuné, avec mes parents qui me gâtaient et ne me grondaient jamais, je rentrai en classe.
     A peine mes camarades à leurs pupitres  moi en haut de la classe, accroupi pour prendre dans un placard, en ma qualité de premier, les volumes de la lecture à haute voix , le directeur entra.  Les élèves se levèrent.  Il tenait une lettre à la main.  Mes jambes fléchirent, les volumes tombèrent, et je les ramassai, tandis que le directeur s'entretenait avec le maître.  Déjà, les élèves des premiers bancs se tournaient vers moi, écarlate, au fond de la classe, car ils entendaient chuchoter mon nom.  Enfin le directeur m'appela, et pour me punir finement, tout en n'éveillant, croyaitil, aucune mauvaise idée chez les élèves, me félicita d'avoir écrit une lettre de douze lignes sans aucune faute.  Il me demanda si je l'avais bien écrite seul, puis il me pria de le suivre dans son bureau.  Nous n'y allâmes point.  Il me dirigea dans la cour, sous l'averse.  Ce qui troubla fort mes notions de morale, fut qu'il considérait comme aussi grave d'avoir compromis la jeune fille (dont les parents lui avaient communiqué ma déclaration), que d'avoir dérobé une feuille de papier à lettres.  Il me menaça d'envoyer cette feuille chez moi.  Je le suppliai de n'en rien faire.  Il céda, mais me dit qu'il conservait la lettre, et qu'à la première récidive il ne pourrait plus cacher ma mauvaise conduite.
.......
(torna al testo)
L'Incipit...
« Raymond Radiguet condivide con Arthur Rimbaud il terribile privilegio di essere un fenomeno delle Lettere francesi» . Jean Cocteau
Esempio 1
Prima paginaFili di fumoEnferRecensioniRivistaProfili di autori
ContattaciAtlante Letterario Bacheca pubblicaCompiti

La Frusta Letteraria - Rivista di critica culturale on line