Esempio 1

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A una passante  ^

Urlava attorno a me la tumultuosa via.
Alta, sottile, in lutto stretto, maestoso dolore,
una donna passò, con mano fastosa
sollevando della veste l’oscillante orlo,

agile e nobile, con la sua gamba di statua.
Quanto a me, suggevo, contratto come un idiota,
dai suoi occhi - cielo livido ove cova l’uragano -
la dolcezza che incanta e il piacere che uccide.

Un lampo… poi la notte! — Fuggitiva beltà  
al cui sguardo all'istante son rinato
non ti vedrò più che  nell’eternità?

Altrove, lontano da qui! Troppo tardi!  Mai forse!
perché ignoro dove fuggi e tu non sai dove io vado,
O te che avrei amato, o te che lo sapevi!


À une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit! — Fugitive beauté 
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?

Ailleurs, bien loin d'ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais






La Fin de la journée

Sous une lumière blafarde
Court, danse et se tord sans raison
La Vie, impudente et criarde.
Aussi, sitôt qu'à l'horizon

La nuit voluptueuse monte,
Apaisant tout, même la faim,
Effaçant tout, même la honte,
Le Poète se dit: «Enfin!

Mon esprit, comme mes vertèbres,
Invoque ardemment le repos;
Le coeur plein de songes funèbres,

Je vais me coucher sur le dos
Et me rouler dans vos rideaux,
Ô rafraîchissantes ténèbres!»
                                                     

La Fine del giorno  ^

Sotto una luce incolore
corre, danza e si torce senza motivo
la Vita, impudente e stridula.
Così, non appena all’orizzonte

la voluttuosa notte sale,
acquietando tutto, anche la fame,
estinguendo tutto, anche l’onta,
il Poeta si dice: « Finalmente!


Spirito e vertebre
invocano ardenti il riposo.
Il cuore colmo di sogni funebri

vado a distendermi sul letto
e avvoltolarmi nelle vostre cortine, 
o rinfrescanti tenebre!»




Horreur sympathique

De ce ciel bizarre et livide,
Tourmenté comme ton destin, 
Quels pensers dans ton âme vide
Descendent? réponds, libertin.

— Insatiablement avide
De l'obscur et de l'incertain,
Je ne geindrai pas comme Ovide
Chassé du paradis latin.

Cieux déchirés comme des grèves
En vous se mire mon orgueil;
Vos vastes nuages en deuil

Sont les corbillards de mes rêves,
Et vos lueurs sont le reflet
De l'Enfer où mon coeur se plaît.
​                                                     
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La Frusta Letteraria - Rivista di critica culturale on line
Orrore riflesso  ^

Da questo cielo livido e stracquo 
straziato come il tuo destino,
che pensieri nella tua anima vuota
calano? rispondi, libertino.

— Insaziabilmente avido 
dell’oscuro e dell’incerto
non gemerò come Ovidio
dal paradiso latino cacciato.

Cieli sfrangiati come greti
in voi si specchia il mio orgoglio, 
e le vostre ampie nubi in lutto

sono carri funebri ai miei sogni,
e i vostri lucori sono i riflessi
dell’Inferno in cui il mio cuore si bea..  



Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
— Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

Corrispondenze  ^

É un tempio la Natura ove pilastri viventi 
lasciano talvolta sortire confuse parole.
L’uomo l’attraversa come una foresta di simboli
che l’osservano con sguardi benevoli.

Come lunghi echi che da lontano si confondono
in una tenebrosa e profonda unità, 
vasta come la notte e come il chiarore,
i profumi, i colori e i suoni si corrispondono.

Ci sono profumi freschi come carne di bimbi,
dolci come l’oboe, verdi come le praterie,
— e altri, corrotti, ricchi e trionfanti,

che hanno l’espansione delle cose infinite
come l’ambra, il muschio, il benzoino e l’incenso,
e cantano l’ ardore dello spirito e dei sensi. 

De profundis clamavi

J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C'est un univers morne à l'horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre;
C'est un pays plus nu que la terre polaire
— Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois!

Or il n'est pas d'horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide,
Tant l'écheveau du temps lentement se dévide!

De profundis clamavi  ^

Pietà invoco, a Te, l’unica che amo,
dal fondo dell’oscuro abisso ove il mio cuore è caduto.
È un mondo triste dall’orizzonte di piombo,
dove nuotano nella notte l’orrore e la blasfemia.

Un sole freddo vi orbita sopra sei mesi,
e gli altri sei la notte copre la terra.
È un paese più nudo della terra polare
— Né bestie, né ruscelli, né erbe, né boschi!

Non v’è orrore al mondo che superi
la fredda crudeltà di questo sole di ghiaccio
e questa immensa notte simile al primigenio Caos.

La sorte invidio degli animali più vili
che crollano nel sonno più stupido
tanto la matassa del tempo lenta si dipana. 


LXXVIII - Spleen


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
LXXVIII – Spleen  ^


Quando il cielo basso e greve pesa come un coperchio
sullo spirito gemente in preda a lunghe noie, 
e dell’orizzonte abbracciando tutto il cerchio
ci cade addosso un giorno più triste della notte;

quando la terra è trasformata in una cella umida
dove la Speranza come un pipistrello 
sen va battendo i muri con la sua ala timida
sbattendo la testa contro i marci soffitti ;

quando la pioggia allunga le sue infinite strisce
imitando di una immensa prigione le sbarre ,
 e che un muto popolo di infami ragni 
viene a tessere i suoi fili in fondo ai nostri cervelli,

delle campane d’acchito saltano con furia
e lanciano verso il cielo orrende urla
come degli spiriti erranti e senza patria 
che si mettano a gemere insistenti.

-E lunghi cortei funebri , senza tamburi né musica
sfilano lentamente nella mia anima; la Speranza
vinta, piange, e l’Angoscia atroce, tiranna,
sul mio cranio inclinato pianta il suo nero vessillo. 


Le Balcon

Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs! ô toi, tous mes devoirs!
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses!

Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux! que ton coeur m'était bon!
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.

Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!
Que l'espace est profond! que le coeur est puissant!
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées!

La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur! ô poison!
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.

Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses!

Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-ils d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes?
— Ô serments! ô parfums! ô baisers infinis!


Il balcone   ^

Madre dei ricordi, amante delle amanti,
tu, ogni mio piacere! Tu ogni mio dovere!  
tu ricorderai l’estasi delle carezze
la dolcezza del focolare e l’incanto delle sere,
madre dei ricordi, amante delle amanti!

Le sere illuminate dagli ardenti carboni,
e le sere, velate di vapori rosa, al balcone.
Mi era dolce il tuo seno! E m’era buono il tuo cuore!
Inesauribili cose noi abbiamo detto 
le sere illuminate dagli ardenti carboni. 

Com’è bello il sole nelle sere calde!
Quale spazio profondo! Com’è forte il cuore!
Nei miei slanci per te, regina delle adorate,
ho creduto respirare il profumo del tuo sangue.
Com’è bello il sole nelle sere calde!

Come un muro la notte si infittiva,
e i miei occhi nel buio intuivano le tue pupille,
e bevevo il tuo fiato, o dolcezza! O veleno!
E i tuoi piedi tra le mie mani s’assopivano, 
Come un muro la notte si infittiva.

L’arte conosco d’evocare i minuti felici 
E il mio passato rannicchiato tra le tue ginocchia rivedo.
Perché mai cercare le bellezze languide  
altrove dal tuo caro corpo e dal tuo cuore sì dolce? 
L’arte conosco d’evocare i minuti felici!

I giuramenti, i profumi, i baci infiniti.
Rinasceranno da abissi interdetti ai nostri scandagli,
come salgono ai cieli i soli ringiovaniti 
dopo essersi lavati giù nei mari profondi?  
O giuramenti! O profumi! O baci infiniti!


Don Juan aux enfers

Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,
Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène,
D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.

Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
Et, comme un grand troupeau de victimes offertes,
Derrière lui traînaient un long mugissement.

Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
Montrait à tous les morts errant sur les rivages
Le fils audacieux qui railla son front blanc.

Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
Semblait lui réclamer un suprême sourire
Où brillât la douceur de son premier serment.

Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
Se tenait à la barre et coupait le flot noir;
Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
Regardait le sillage et ne daignait rien voir.

Don Giovanni all’inferno ^

Quando don Giovanni scese verso l’onda sotterranea
allorché ebbe dato il suo obolo a Caronte,
un cupo mendicante, l’occhio fiero come Antistene, 
afferrò con gesto forte e animoso i remi. 

Mostrando i seni flaccidi e le vesti aperte,
alcune donne si agitarono sotto un nero firmamento,
e, come un branco di vittime al sacrificio destinate,
dietro di lui trascinarono un lungo muggito.

Sganarello ridendo reclamava il suo pegno,
mentre don Luis con tremulo dito 
mostrava a tutti i morti erranti sulle rive 
l’audace figlio che rise della sua calvizie.

Tremando sotto il lutto, la casta e magra Elvira,
vicino al perfido sposo che fu suo amante,
sembrò reclamare un supremo sorriso
dove brillava la dolcezza del suo primo giuramento. 

Ritto nella sua armatura, un omone di pietra,
stava al timone, fendendo i neri flutti;
ma il calmo eroe, appoggiato sulla spada,
fissava il solco e sdegnava altro vedere.  

La Beauté

Je suis belle, ô mortels! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris;
J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études;

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!
La bellezza ^

Sono bella o mortali! come un sogno di pietra,
e il mio seno, ove a giro ognuno s’è stordito
e fatto per ispirare al poeta un amore
eterno e muto come la materia. 

Intronizzato nell’azzurro quale Sfinge incompresa;
congiungo un niveo cuore al candore dei cigni;
odio il movimento che scompone le linee
e mai io piango e mai io rido. 

I poeti, di fronte alla mie pose,
che ho l’aria di rubare alle più fiere statue,
consumeranno i loro giorni in rigorosi studi;

ché io, per sedurre quei docili amanti,
ho puri specchi che rendono tutte le cose più belle:
i miei occhi, i miei grandi occhi dalla luce perpetua. 


Copertina della prima edizione dei "Fleurs du mal"
La Géante

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J'eusse aimé vivre auprès d'une jeune géante,
Comme aux pieds d'une reine un chat voluptueux.

J'eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s'étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l'ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d'une montagne.

La gigantessa  ^

Da che la Natura nel suo potente slancio
iniziava a generare ogni giorno bimbi deformi,
mi sarebbe piaciuto vivere accanto a una giovane gigante
come un gatto voluttuoso ai piedi d’una regina.

Quanto avrei voluto il suo corpo fiorire con la sua anima 
e crescere liberamente nei suoi terribili giochi;
indovinare se il cuore suo cova una cupa fiamma 
dalle umidi nebbie che nuotano nei suoi occhi;

percorrere a piacimento le sue superbe forme;
gattonare sui versanti delle sue enormi ginocchia
e talvolta in estate, quando i soli malsani,

stracca, la inducono a distendersi lungo la campagna,
dormire mollemente all’ombra dei suoi seni,
come un quieto casolare all’ombra d’una montagna. 


L'Horloge

Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: «Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;

Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
À chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! — Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!

RememberSouviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; Souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!»

L'orologio  ^

Orologio! Dio sinistro, spaventoso, impassibile,
il cui dito ci minaccia e dice: "Ricordati!
i vibranti Dolori nel tuo cuore pieno di terrore
si pianteranno ben presto come in un bersaglio;

Il piacere vaporoso fuggirà verso l'orizzonte
come una silfide in fondo al palcoscenico;
ogni istante divora quei lembi di gioia 
a ogni uomo accordati nella vita.

Tremila seicento volte un'ora, il Secondo
sussurra: Ricordati! - Lesto, con la sua voce
di insetto, l’Adesso dice: io sono il Passato,
e ho pompato la tua vita con la mia sozza tromba!

RememberRicordati! prodigo! Esto memor!
(La mia gola metallica parla tutte le lingue.)
I minuti, caduca gioia, sono sabbie
che non si dovrebbero lasciare senza estrarne l'oro!

Ricordati che il Tempo è un giocatore avido
che vince senza barare, ogni colpo! è la legge.
Il giorno declina; la notte cresce; Ricordati!
L'abisso ha sempre sete; la clessidra si svuota.

Presto suonerà l'ora in cui il divino Caso
in cui l'augusta Virtù, moglie ancora vergine
in cui il Pentimento stesso (oh, l'ultimo asilo !)
in cui tutto ti dirà Muori, vecchio vigliacco! è troppo tardi!»

L'albatro
- Elevazione
Il cattivo monaco
- Il nemico 
La scalogna 
La vita anteriore 
Zingari in viaggio
L'uomo e il mare
- Il  cigno
A una passante 
La fine del giorno
Il nemico
Orrore riflesso 
A colei che è troppo gaia
Alchimia del dolore
- Semper eadem
Corrispondenze
De profundis clamavi
Spleen – LXXVIII 
- Il balcone 
- Don Giovanni all'inferno
La bellezza
La gigantessa 
L'orologio
Castigo dell'orgoglio
L'ideale
- Profumo esotico
I gatti
Moesta et errabunda 
Lo spettro
Voglia di nulla
Charles  Baudelaire, poesie scelte da  I fiori del male
Vedi qui un profilo di C. Baudelaire >>>
trad.di Alfio Squillaci -  Copyright - Riproduzione vietata.  Copia depositata.
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